ChiliVOYAGES

Seule dans le Salar de Tara

avril 8, 2016

Ne pas savoir où l’on se trouve, se laisser guider, se prendre une claque au détour de chaque montagne, chaque nouvelle vue à couper le souffle, restée bouche bée à chaque halte, prendre des photos en se disant qu’aucune ne pourra vous retransmettre ce que j’ai ressenti à cet instant, continuer à prendre des photos pour essayer tout de même et aussi pour ne rien oublier, aucune facette de ce désert, aucune seconde de cette journée. C’est assez stupide comme comportement quand on y pense. Ouvrir grands ses yeux, écouter le silence, le néant tout autour, se demander comment la nature a pu créer des roches si hautes, comment peuvent-elles tenir ? Compter les cathédrales de Tara, puis recommencer car il y en a trop. Pourquoi ont-elles ces formes ? Casser de la roche volcanique appelé Oxyliana, en garder une en souvenir, prendre un petit lézard dans ses mains, observer, se demander s’il y a un autre endroit sur terre aussi vaste et beau à la fois ? Compter les nuages, se dire qu’ils ont l’impression d’être posés sur une vitre en verre, les contempler comme s’ils étaient peints dans le ciel. Être surprise à chaque fois comme la première fois, ne pas se lasser, en vouloir toujours plus. Se sentir libre. Se dresser face à la laguna, contempler le vert, le jaune, le bleu et le blanc se mélanger. Avoir la tête qui tourne un peu à cause de l’altitude et sûrement aussi à cause de ce beau spectacle. Faire un tour à 360°C et ne rien voir autour de soi. Être surprise par une vigogne qui traverse la route, puis apercevoir ses acolytes qui la suive. Ouvrir grands ses yeux, sentir le vent en rafale contre son manteau, le voir emporter le sel en tourbillons au dessus de la lagune, grimper la colline et découvrir des dizaines flamants roses au milieu d’une lagune multicolore : verte, jaune, blanche… Toucher les roches, marcher doucement sur le sel qui craque sous mes pieds. Se sentir vivre intensément. Puis repartir de cet endroit. Le voir s’éloigner. S’endormir avec des images plein la tête, se dire que je suis vraiment chanceuse, essayer d’écrire quelques mots, puis renoncer. Se demander comment je pourrais expliquer cette journée autour de moi. Regarder les photos prises en s’endormant et retrouver, dans certaines, l’émotion ressentie à cet instant. (j’ai bien fait d’essayer toute la journée). Se rendre compte que cette journée est déjà finie, déjà derrière moi. Qu’à peine quelques heures après être sortie du désert je ne le reverrai sûrement jamais.

Je n’avais pas envie de faire un article traditionnel cette fois-ci, je préfère essayer de vous décrire ce que l’on ressens face à ces paysages si fabuleux pour une fois.

Le salar de Tara (réserve nationale Los Flamencos) est situé dans la région d’Antofagasta dans le nord du Chili, à environ 4500 m d’altitude et s’étend sur plus de 740 km2. Deux déserts de sel la composent : celui de Tara et celui des Aguas calientes.

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2 Comments

Hannah 26 janvier 2017 at 11:33

All things coreidensd, this is a first class post

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Fanny 10 avril 2017 at 17:43

Thanks a lot for your support !

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