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Le référendum bolivien

avril 30, 2016

Lors de notre passage à Sucre a lieu un référendum dans tout le pays. Le Président de la Bolivie en place, Evo Morales, souhaitait interroger le peuple sur une modification de la constitution. Il aimerait la changer afin qu’un président puisse se faire réélire une quatrième fois (et oui figurez vous que 3 mandats ne suffisent pas à Mr Evo qui a encore de nombreux projets pour son pays). Actuellement, la constitution bolivienne ne permet de prétendre qu’à 3 mandats. Evo Morales est au pouvoir depuis 10 ans (oui oui vous avez bien lu, 10 années en tant que président). Les prochaines élections présidentielles auront lieu en 2019. Je lis quelques articles pour comprendre le chmilblick, me sentir moins bête et ignorante dans ce pays que je visite. Et surtout, j’ai besoin de me faire mon propre avis sur l’ami Evo que je vois partout depuis que j’ai franchi la frontière, sur les calendriers, dans les rues, sur les panneaux de propagande euh publicitaires pardon évidemment ! Et puis son faciès n’a en plus rien de charmant et rien qui ne m’inspire confiance, alors je commence à en avoir ma claque de l’ami Evo !

Partout dans la ville flotte des drapeaux, des fanions avec l’inscription « SI » (traduisez OUI à la modification de la constitution, donc des personnes favorables à la réélection de l’ami Evo). Des murs entiers sont peints aux couleurs du OUI en vert et exprime clairement l’opinion de la population. Je suis assez choquée de voir que Sucre, ville ordinairement blanche est devenue verte, que le portrait de leur cher Président se trouve à tous les coins de rues et qu’il y ai une liberté pour exprimer son ressenti. Mais ça ne s’arrête pas là !

Sucre referendum SI 2       Sucre referendum SI 1

Le référendum à lieu dans tout le pays le dimanche 21 février. Nous sommes vendredi 19 février, on achète de quoi se faire un repas, et je me rends au rayon bières pour en acheter quelques-une (y’en a pas des mal aussi ici) et là surprise oh surprise : les rayons sont bâchés et une note est laissée. Elle indique qu’il est interdit de vendre de l’alcool de vendredi 17h à lundi 13h en raison du référendum ! WHAT ??? Je suis choquée, scandalisée qu’une telle pratique puisse exister. Alors si je résume, ici en Bolivie quand on vote (ce qui est obligatoire sous peine d’amende), on ne peut pas consommer de l’alcool lors 48h qui précèdent le vote et jusqu’au lendemain 13h. Dans quel pays sommes-nous ? A force de quelques recherches dans des petites boutiques comme il s’en fait partout en Bolivie, on trouve une petite dame qui nous vend les bières tant convoitées. Samedi et dimanche par contre impossible d’en trouver nul-part, (oui oui j’ai refait le test juste pour voir…). Les bars ont refusé de nous servir une bière et une petite dame nous a expliqué qu’elle risquait gros si elle vendait de l’alcool. Elle a même ajouté symboliquement le geste du « couik » sous la gorge,c’est vous dire, on est revenu au moyen-âge !. En Bolivie, le président et le gouvernement peuvent décider si vous avez ou non le droit de consommer de l’alcool.

Dimanche, jour du vote, le pays est paralysé. Aucun bus et presque aucune voiture ne circulent. Les rues sont désertes, on ne croise que des piétons, des familles qui se baladent. Pour trouver un peu d’animation, il faut se rendre autour du marché, ici les marchants ambulants se sont installés comme à leur habitude. Le Parc Bolivar est lui pris d’assaut par les familles et jeunes enfants qui peignent de jolis tableaux colorés assis sur leurs petites chaises en plastique.

Sucre referendum rue vide       Sucre referendum rue vide 2

En fin de journée, je me renseigne auprès du propriétaire de l’auberge. C’est le NON qui a remporté le suffrage. Il semble que les Boliviens ne souhaitent pas voir Evo Morales se représenter. Moralité, même et surtout complètement sobre ton peuple ne semble pas beaucoup t’apprécier l’ami Evo ! Je suis assez surprise, car le résultat est en totale contradiction avec toutes les manifestations d’opinion présentes dans la ville. En réalité en continuant à parcourir la Bolivie je m’apercevrais plus tard que de toutes les villes visitées en Bolivie, Sucre étaient la seule où le OUI dominait si largement. Cochabamba et La Paz, la capitale, revendiquent sur leurs murs et dans leurs villes des affiches rouges avec un NO inscrit en grand.

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